TENDANCE : Le marché du DIY et les micro-usines

26 octobre 2017

Le marché du DIY est en plein essor

Quelles sont les nouvelles tendances de consommation sur ce marché ? Quelles nouvelles offres sont proposées ? 

Le DIY (Do It Yourself) ou Faire soi-même concerne les activités visant à créer soi-même des objets de la vie courante, des objets technologiques ou des objets artistiques. On retrouve donc dans le DIY : le bricolage, la décoration, la cuisine, la couture, la menuiserie, la robotique, l’informatique… Cette tendance s’est développée avec l’économie collaborative et avec l’essor des blogs et tutoriels sur internet où de véritables communautés se sont créées.

Les chiffres du marché du Do It Yourself

Le marché des loisirs créatifs représente 1,25 milliards d’euros en France. Il devrait croître de 2% par an jusque 2018, suite à 6 années de croissance.

Les adeptes du DIY en France pratiquent en moyenne 6 activités différentes, et 32% vendent leurs créations ou sont prêts à le faire.

Le site Etsy avait racheté deux acteurs français du DIY (A little Mercerie et A little MArket) en 2014 pour 31 millions de dollars et a annoncé cette année la fermeture de ces deux plateformes.

De nouvelles tendances de consommation

  • Pour une consommation plus responsable

Le DIY comprend une dimension sociale et écologique via le recyclage d’objets qui leur donne une seconde vie, et l’upcycling, qui consiste à ajouter de la valeur à un produit en le recyclant et en lui attribuant une nouvelle fonction.

  • De nouveaux business models

D’une part, le marché du CtoC (Consumer to Consumer) se développe fortement et d’autre part, le DIY s’appuie dans l’économie collaborative et l’envie de créer ensemble. Cela implique de nouveaux modèles économiques pour les acteurs de ce marché. Les plateformes de vente, de prêt ou de location entre particuliers comme Ladépanne, ou les communautés d’internautes qui partagent leurs astuces connaissent un réel succès.
Par ailleurs, le marché du DIY est soumis à la mode. Il concerne des activités régulièrement pratiquées, ce qui incite les entreprises à proposer des formules par abonnement.

  • Les bénéfices recherchés

Le DIY est souvent pratiqué pour se détendre, acquérir de la confiance en soi et pour le plaisir de créer et de personnaliser ses objets.

Le secteur du DIY

Places de marché

Les particuliers peuvent vendre leurs créations très facilement sur des sites internet comme Etsy. Chacun peut créer sa propre boutique en ligne et être référencé sur la plateforme, en échange d’une somme pour chaque produit listé et d’une commission sur les transactions effectuées. Il existe d’autres plateformes comme Handmade d’Amazon, Bigcartel… Certaines enseignes proposent tout le matériel nécessaire pour les loisirs créatifs, comme Cultura qui dispose en plus de 73 magasins en France.

Tutoriels

Des tutoriels se répandent sur internet : gratuits ou payants, postés aussi bien par des particuliers que par des entreprises qui les utilisent pour déclencher des ventes et proposer de nouveaux services à leurs clients. Exemples de plateformes de tutos : GeniusFactoryToutestDIY, La fabrique, WikiFab, 18h39 par Castorama…

Pour les pros

Il existe des offres DIY spécifiques pour les entreprises. On peut citer par exemple SelfInnov qui propose des tutoriels et un accompagnement, pour que les entreprises gèrent elles-mêmes leurs dossiers de Crédit Impôt Recherche, Crédit Impôt Innovation et Jeunes Entreprises Innovantes. Elles réalisent des économies car elles n’ont alors plus besoin de passer par un cabinet spécialisé.

Réseaux sociaux

Le DIY est fortement mis en avant sur les réseaux sociaux comme Instagram et Pinterest, sur lesquels les particuliers postent des photos de leurs réalisations, voire le détail des différentes étapes de la création.

Les kits

Les kits de DIY sont accessibles aux débutants car ils comprennent tout le matériel nécessaire et les explications sont détaillées pas à pas. L’enseigne Manibus propose des kits qu’il est possible de commander en ligne ou d’acheter dans leur magasin à Nantes. D’autres kits sont vendus sous la forme d’abonnement mensuel avec une box différente chaque mois.

Salons

Des salons sont également organisés autour de cette thématique comme le Maker Faire qui rassemble 800 exposants à Paris, le salon Créations et savoir-faire… De nombreux événements locaux sont par ailleurs organisés par des associations pour faciliter la rencontre entre créateurs / artisans et le grand public.

Ateliers et Fablabs

Des ateliers s’organisent pour accompagner les particuliers dans la réalisation d’objets, comme ceux organisés par MakerBox. Leroy-Merlin a également ouvert un atelier dans lequel il est possible de prendre des cours et recevoir des conseils. Pour créer avec plus d’autonomie tout en profitant de machines et outils mis à disposition, il est possible de se rendre dans un des nombreux Fablabs en France.

Focus sur... les micro-usines

Le concept de micro-usines est né dans les années 1990, inventé par des chercheurs japonais. Il s’agit d’usines dont la taille est fortement réduite, parfois mobiles, qui s’intègrent au paysage urbain. Les micro-usines garantissent l’accès aux moyens de production à un plus grand nombre d’individus. Certaines micro-usines sont ouvertes au public moyennant une somme d’argent (souvent appelées FabLabs) et sont plutôt destinées à la réalisation de prototypes, tandis que d’autres sont de réelles unités de production. Leur capacité de production est limitée aux petites et moyennes séries. Elles permettent un déploiement rapide et économique, par exemple pour tester un nouveau marché. Leur objectif est d’optimiser les ressources, l’espace et l’énergie, et de limiter les importations de produits finis. Elles profitent des outils numériques, de la cobotique et de l’imprimante 3D pour se développer.

Quelques exemples de micro-usines

  • General Electrics a créé sa première micro factory à Louisville aux Etats-Unis. Cette usine se concentre sur le développement de nouveaux produits et sur l’innovation. Il s’agit principalement d’un lieu d’échange où des profils variés se rencontrent.
  • Bel a également créé des entreprises dans des containers, démontables et déplaçables. Elle s’est par exemple installée en Côte d’Ivoire où elle emploie 20 personnes et produit 100 000 portions de Vache qui Rit chaque jour, à partir de lait importé.
Bel micro usine
  • L’entreprise Gazelle Tech qui a élaboré des voitures électriques en matériau composite, prévoit d’assembler ses véhicules dans une micro-usine. Celle-ci sera composée de containers aménagés installés à Blanquefort. Le premier véhicule devrait sortir en novembre 2017 pour une commercialisation fin 2018.
  • A Paris-Saclay, un projet de micro-usine LesGarages XYZ est en cours d’élaboration. Cette micro-usine devrait accueillir les start-up, PME et les grands groupes. L’objectif est de passer en 100 jours d’un prototype à un produit industriel.
  • Le groupe PSA utilise le concept de micro-usines pour se développer à l’international. Cela leur permet de tester le marché et de s’implanter dans un pays à peu de frais. En Ethiopie ou en Tunisie entre autres, la capacité de production sera de 1000 à 1200 véhicules par an en 2018, tandis qu’au Vietnam la micro-usine produira entre 10 000 et 15 000 véhicules par an. Les pièces détachées seront envoyées dans des caisses et seront assemblées dans les micro-usines sur place.
  • La société Roosens Beton a créé une usine de fabrication de blocs et de briques mobile, qui se déplace directement sur le chantier. Elle contient une presse, une alimentation en béton, un mélangeur, des bandes transporteuses, des moules et des planches de coffrage.
  • D’autres micro-usines composées d’imprimantes 3D émergent. Certaines sont mobiles, installées dans des containers L’armée américaine en utilise pour construire des pièces de rechange directement sur le terrain. D’autres sont fixes, comme celle de Voodoo Manufacturing qui a la capacité de produire 10 000 pièces identiques en plastique en 24 heures.
Micro usine impression 3D

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